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| La conscience de soi dans le mouvement |
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1- Intention et attentes associées à la décision de s’investir ou de se réinvestir dans une pratique d’arts martiaux ou de yogaÂ
L’intention a été définie comme le fait d’agir volontairement vers un but précis.Les personnes dont l’intention est d’entretenir ou d’améliorer leur pratique, ont leurs attentes fondées sur leur expérience. Sur cette base, soit ils souhaitent prolonger cette expérience dans les mêmes conditions d’enseignement, soit ils souhaitent changer ces conditions.Les personnes qui n’ont jamais pratiqué ne peuvent pas se référer à leur propre expérience et en conséquence ils n’agissent pas selon un but précis lorsqu’ils choisissent de s’investir dans une pratique (soit de leur propre initiative, soit en se conformant à un conseil qui leur a été donné).Pour ces personnes, leurs attentes sont ciblées sur d’éventuelles difficultés à résoudre (stress, santé, conflit, émotion, etc.) ou portent sur une curiosité à satisfaire ou sur une conviction due à des lectures ou à des démonstrations.
2- L’évolution des attitudes initiales de ces nouveaux pratiquants est déterminée par les écarts entre les effets qu’ils constatent et les effets non attendus :      Les personnes motivées principalement par leur curiosité aborderont l’inconnu en acceptant a priori l’écart entre ce qu’ils imaginaient et ce qu’ils découvrent.Les personnes ayant fait leur choix conformément aux conseils qui leur avaient été dispensés, auront tendance, dans beaucoup de cas, à faire confiance dans les bénéfices à attendre.Quant aux personnes qui attendent plus de la pratique qu’ils ont choisie une compensation par rapport à leurs soucis qu’à l’acquisition d’une capacité à les affronter, risquent de manifester de la réserve, du doute sinon de la déception.  Les écarts entre les attentes initiales et les effets plus ou moins bien discernés peuvent engendrer selon le cas une déception ou un renoncement à poursuivre cette pratique ou au contraire une intention de persévérer, en adoptant éventuellement une démarche volontariste afin d’obtenir les effets escomptés mais non encore perçus.
3- Le professeur aura à faire face à ces attitudes qui sont souvent dues à un état de fixation sur une intention excluant toute démarche d’expérimentation.
À la pédagogie de l’attention libératrice de l’intention, le professeur sera souvent conduit à y substituer des entretiens personnalisés auprès des pratiquants éprouvant ces difficultés.Selon le cas, ces entretiens peuvent avoir pour objet :
- d’identifier l’origine des déceptions éprouvées par un pratiquant parfois déstabilisé en raison de l’écart entre ce qu’il découvre et ce qu’il avait imaginé ;
- d’orienter sur d’autres voies les pratiquants qui estiment devoir renoncer ;
- d’aider le pratiquant qui éprouve des tensions douloureuses lors de l’exécution d’un exercice, à prendre conscience de ses propres limites.  Par ces entretiens, le professeur pourra estimer la distanciation du pratiquant par rapport à ses attentes et à ses intentions.En portant ainsi attention sur le niveau de réceptivité de son enseignement, le professeur pourrait être conduit à réviser ses propres intentions initiales. Ce faisant, il adopte aussi une démarche de distanciation entre attention et intention. La différence avec celle qu’il préconise auprès des pratiquants réside dans le fait que son intention, même révisée, se maintient et en définitive se substitue à celle à laquelle le pratiquant devrait renoncer.
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La recommandation :« Sans attente et sans but » concerne donc les pratiquants, mais pas les professeurs.
C’est à partir de notre expérience de pratiquant et de praticien que nous pouvons justifier cette assertion. Par cet essai, nous avons voulu mettre en évidence le rôle de l’attention et de l’intention dans la conscience de soi et dans la présence à soi lors de l’exécution d’un mouvement ou de la prise d’une posture.
En se référant aux avancées de la recherche en neurophysiologie sur les différents états de conscience, nous avons tenté de décrire les processus d’association et de dissociation des liens qui peuvent s’établir entre l’intention et l’attention.Le qi gong et le yoga exigent, pour une pratique accomplie, une présence à soi dans le mouvement. Cette exigence est souvent satisfaite par l’exercice assidu de ces disciplines.Néanmoins, pour certains praticiens, l’échappée à toute intention n’est pas spontanée. Nous avons analysé comment le yoga nidra pouvait, en respectant un certain nombre de principes, faciliter l’accès à l’écoute de soi.
Pour cette étude, nous avons adopté les définitions de la conscience, de l’intention et de l’attention proposées par les neurophysiologistes.Ces concepts étant ainsi bien délimités, nous avons pu examiner les différentes situations pédagogiques qui peuvent se présenter ; nous avons pu aussi identifier les situations les plus favorables à l’obtention de la présence à soi-même.Par notre démarche, nous confirmons notre intention d’établir un pont entre les avancées de la recherche scientifique et  l’expérience millénaire du yoga et du qi gong.
Noel Barbichon
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