Coeur-Esprit, un nouveau concept de magazine culturel-collège en anthropologie des techniques du corps

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Vous souhaitez prendre du recul et élever votre point de vue ? Votre pratique ?
Val d’Isère : 2900 m ! Cet été du 1er au 7 juillet + Perfectionnement du 8 au 15…
Nous vous proposons de relier, au sein de votre pratique, corps, esprit, souffle, conscience, énergie
QI GONG, MEDITATION, RESPIRATIONS ET MOUVEMENT SPONTANE
Une retraite d’été avec Serge Mairet et Jean-Marc Ortéga
Ce stage est le fruit d’un partenariat entre :
. Le Collège de Recherche en Anthropologie des Techniques du Corps,
. L’Ecole de Yuan Qi Tao de Serge Mairet
. L’Ecole Troisième Souffle de Jean-Marc Ortéga.
Quelle que soit votre discipline corporelle, ce stage vous permettra, sous de multiples formes, de découvrir et d’expérimenter les liens entre la conscience, le corps, l’énergie, le souffle, le mouvement et l’immobilité… de quoi interroger votre pratique, nourrir votre propre recherche de bien-être, d’efficacité… Un temps de partage, de détente, de bien-être.
Où, quand, pour qui ?
A Val d'Isère, du 1 au 7 juillet 2012, Serge Mairet et Jean-Marc Ortéga vous proposent un séminaire transdisciplinaire pour tous pratiquants de Qi Gong, Taïchi, Danse, Judô, Karatedô, Aïkidô, kendô… toute pratique impliquant le corps, la sensibilité, l’énergie et le mental. Si vous ne pratiquez pas ces disciplines et souhaitez vous initier, vous êtes également les bienvenus. La 2ème semaine : un stage de Yuan Qi Tao orienté « Santé » avec Serge et un autre stage avec Jean-Marc qui transmettra la méthode de bien-être TAOVIE.
Hébergement
Nous vous proposons une adresse pour faciliter votre hébergement : Hôtel Sakura dirigé par notre ami Pim Geldof, athlète de haut niveau à ski. Studios tout confort. Prix de la location : 280 euros pour un studio pour deux personnes, 200 pour une personne. Possibilité de plus grands studios en fonction du nombre de personnes : Voir directement avec Pim de la part de Serge Mairet (les remontées mécaniques sont comprises + l'usufruit de la nouvelle piscine de Val d’Isère). La location est payable directement auprès de Pim en début ou en fin de stage. Réservations hébergement : vous pouvez le faire dès maintenant (de la part de Serge Mairet) auprès de Pim par mail à : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Coût du stage : 200 euros payables avant le début du stage.
Organisation des cours : matin, cours à 2500 mètres devant un lac de montagne de 9h 30 à 12h 30/ Repas frugal autour du lac. Après-midi, cours à 1850 mètres, de 16h30 à 18h30. En cas de pluie, cours en salle. La deuxième semaine, les horaires de cours seront identiques ou pourront être aménagés en concertation avec les participants.
Réserver pour l’hébergement : contact Pim - de la part de S. Mairet, Hôtel Sakura : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
S’inscrire pour le stage : directement : Serge ou Jean-Marc. Serge Mairet - Yuan Qi Tao : 06 74 49 63 00 Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - Jean-Marc Ortéga - Troisième Souffle : 06 18 97 26 15 Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - Une précision : vous pouvez vous inscrire à la première semaine ou à la deuxième semaine du 9 au 15 (ou les deux) : chaque stage/semaine est indépendant et complet en soi. Stage avec Jean-Marc Ortéga : Mouvement Spontané, Avec Serge Mairet : un travail particulier sur la santé, de 10 à 13 h00... Le contacter pour plus d’infos.
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. Le Collège de Recherche en Anthropologie des Techniques du Corps,
. L’Ecole de Yuan Qi Tao de Serge Mairet
. L’Ecole Troisième Souffle de Jean-Marc Ortéga.
jm-ortega
Jean Marc Ortéga

Quelle que soit votre discipline corporelle, ce stage vous permettra, sous de multiples formes, de découvrir
et d’expérimenter les liens entre la conscience, le corps, l’énergie, le souffle, le mouvement et l’immobilité…
de quoi interroger votre pratique, nourrir votre propre recherche de bien-être, d’efficacité… Un temps de
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Où, quand, pour qui ?
A Val d'Isère, du 1 au 7 juillet 2012, Serge Mairet et Jean-Marc Ortéga vous proposent un séminaire
transdisciplinaire pour tous pratiquants de Qi Gong, Taïchi, Danse, Judô, Karatedô, Aïkidô, kendô…
toute pratique impliquant le corps, la sensibilité, l’énergie et le mental. Si vous ne pratiquez pas ces
disciplines et souhaitez vous initier, vous êtes également les bienvenus. La 2ème semaine : un stage de
Yuan Qi Tao orienté « Santé » avec Serge et un autre stage avec Jean-Marc qui transmettra la méthode
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nombre de personnes : Voir directement avec Pim de la part de Serge Mairet (les remontées mécaniques
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Repas frugal autour du lac. Après-midi, cours à 1850 mètres, de 16h30 à 18h30. En cas de pluie, cours en
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Une précision :
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La conscience de soi dans le mouvement

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AVERTISSEMENT
Cet article a été écrit à l’intention des pratiquants et praticiens du yoga et du qi gong.
Sur la base de son expérience de simple pratiquant, l’auteur fait part des diverses situations pédagogiques qu’il a eu à connaître, sans toutefois prétendre extrapoler de cette expérience un modèle de méthode d’enseignement.
Les itinéraires dans l’accès à la connaissance et à l’acquisition de savoir-faire sont trop divers pour autoriser une généralisation à partir d’une seule expérience. Conscient de cette limite, l’auteur ne poursuit que le but d’inciter à une réflexion sur les conduites pédagogiques, en s’inspirant par ailleurs des avancées de la recherche scientifique.
À ce propos, il faut noter que si cet article concerne aussi les chercheurs en neurophysiologie, ce n’est évidemment pas pour s’insérer dans les débats et controverses propres à leur discipline. Ce serait plutôt pour leur faire part d’une intention de mieux comprendre les processus d’éveil de la conscience de soi par des tentatives - plus ou moins pertinentes - d’interpréter les résultats de leurs travaux de recherche.
L’estimation de ce niveau de pertinence relève de la compétence des chercheurs et à cette fin, exige la mise en œuvre d’un dispositif expérimental, lequel est probablement plus facile à concevoir pour une investigation des cas d’épilepsie que pour un examen des pratiques de yoga ou d’arts martiaux.
Conscience, cerveau.
La conscience de soi dans le mouvement.
Par quel processus accède-t-on à la conscience de soi ?
Quelle démarche pédagogique en faciliterait l’accès ?
Quels sont les obstacles à surmonter ?
En s’inspirant de notre expérience dans la pratique du yoga et plus modestement du Qi Gong, nous tentons de répondre à ces questions par un examen des états de conscience spécifiques à ces pratiques et par une référence aux travaux de recherche en neurophysiologie.
.
Avant-propos
Cet article doit être considéré comme un essai. L’auteur, Noël Barbichon, ancien ingénieur de recherche au CNRS, n’est ni chercheur en neurophysiologie, ni professeur de yoga ou de qi gong. Il pratique le yoga depuis 30 années, le qi gong depuis peu et par ailleurs  pratique et enseigne le shiatsu.
Le but de cet article est d’inciter à une réflexion ayant pour objet le yoga, les techniques de relaxation et le qi gong. Quant aux spécialistes de la neurophysiologie, en particulier ceux qui sont cités en référence dans cet article, nos propos ne pourront retenir leur intérêt que par une perspective d’applications des avancées de leur recherche.
C’est en fait aux professeurs de yoga et de qi gong que l’auteur soumet sa réflexion personnelle et, en tant que scientifique, pratiquant du yoga et du shiatsu, fait part de son expérience personnelle sur les processus d’accès à la connaissance de soi.
Il serait concevable de prolonger cette réflexion par un échange de points de vue en se basant sur l’état de la recherche en neurophysiologie et sur l’état des questions en suspens. C’est l’un des objectifs poursuivi par cet essai.
Table des matières
Intérêt de l’examen des états de conscience spécifiques à la relaxation, au yoga et au qi gong en se référant à la recherche en neurophysiologie.
La notion de conscience et les états de conscience examinés par les chercheurs en neurophysiologie.
Examen des états de conscience dans la pratique du qi gong et du yoga : quels liens peuvent s’établir entre l’intention d’exercer un mouvement et la conscience de ce mouvement. Intention et attention.
1- Imaginer un mouvement
2- Exercer inconsciemment un mouvement
3- Exercer consciemment un mouvement :
A) Lorsque le mouvement démontré par le professeur précède son exécution ;
B) Lorsque le mouvement s’exerce simultanément à sa démonstration :
examen des divers modes d’intégration et de restitution ( mimétisme et effet              miroir, mémorisation et automatisme, volontarisme, autonomie et harmonie).
Remarque : autonomie et mémoire souvenir.
C) Pilotage des mouvements par le professeur énonçant des directives précises et détaillées.
Contribution du yoga nidra au développement de la perception de soi. Les différentes  étapes de son évolution. État d’absence.
Orientations de l’enseignement en fonction des motivations et des attentes :
1- intention et attentes des pratiquants.
2- les attitudes initiales et évolution de ces attitudes (constat des écarts entre attentes et effets non attendus).
3- le professeur fait face à ces situations.
En conclusion.
Bibliographie.
Intérêt de l’examen des états de conscience spécifiques à la relaxation, au yoga et au qi gong en se référant à la recherche en neurophysiologie.
Quel intérêt de faire un tel examen ?
Le premier intérêt serait de comprendre par quels processus s’établissent d’une part, les états de conscience corporels (conscience du corps, conscience de soi) et d’autre part, le positionnement du soi par rapport à l’environnement (par exemple par rapport au professeur ou/et à ses directives).
Le second intérêt serait de tirer des conclusions à l’intention des enseignants.
La notion de conscience et les états de conscience examinés par les chercheurs en neurophysiologie.
Avant d’examiner ces états de conscience, il s’avère nécessaire de préciser parmi toutes les acceptations de la notion de conscience, celle qui ici sera retenue.
De nombreux auteurs ont abordé cette question :
Sid Kouider, du laboratoire des sciences cognitives et de psycholinguistique de l’École Normale Supérieure de Paris, précise dans un article de la revue Pour la Science
n° 405 juillet 2011 p. 46, que la notion de conscience relève d’un domaine scientifique assez jeune qui a débuté il y a moins de 20 ans et que jusqu’alors parler de conscience était surtout réservé aux discussions métaphysiques, voire ésotériques. Il constate que l’on ignore comment et pourquoi nous sommes conscients ; nous savons cependant quand la conscience est présente.
Élisabeth Pacherie, dans la revue « Pour la Science » n°302 de décembre 2002, inventorie ces différentes notions et plus particulièrement :
la conscience cognitive. Il s’agit soit d’un état lié à la perception d’un bruit, d’une odeur, soit d’un état à caractère introspectif ou réflexif. (J’ai conscience d’avoir conscience, j’inspecte le cours de ma pensée).
la conscience phénoménale : l’effet que produit en soi le son de la trompette, la madeleine de Proust.
La revue Sciences Humaines a publié un numéro spécial dirigé par Jean-Fançois Dortier sur « le cerveau et la pensée (perception, mémoire, intelligence, représentation, conscience) ».
Jean Delacour, dans le même numéro de la revue où s’exprime Elisabeth Pacherie, recense les diverses approches de la conscience, notamment celles retenues  par les chercheurs en neurophysiologie lorsqu’ils explorent certains états de conscience afin d’identifier les évènements neuronaux du cerveau qui y correspondent.
Don Tucker (directeur du centre de neuroinformatique à l’Université d’Orégon USA) et Mark Holmes (directeur du laboratoire de neurophysiologie de Seattle) citent dans un article de la revue Pour la Science N° 405 juillet 2011, les travaux de recherche de Basilis Zikopoulos et de Helen Barbas de l’Université de Boston sur les états épileptiques.
Ils ont pu établir des relations entre la perte de conscience et les altérations des circuits entre certaines structures du cerveau. Cela a permis de discerner des composantes neurophysiologiques de la conscience correspondant aux structures identifiées du cerveau.
Ils distinguent les composantes suivantes :
la mémoire du présent
l’absence
l’intention
l’attention.
Tucker et Holmes définissent l’intention comme « le fait d’agir volontairement dans un but précis » et l’attention comme « le fait de concentrer ses ressources mentales sur un
objet, un fait ou un individu » (ce que l’on retrouve dans la pratique du qi gong en posant son attention par exemple sur un point, un organe, un méridien…)
L’absence correspond « à une conscience momentanément perturbée, inerte,
sans intention, incapacité d’action, sans perdre la mémoire du présent ».
La mémoire du présent consiste à la capacité « d’utiliser le présent immédiat et d’anticiper le futur proche. Elle assure une continuité de la perception de soi et du monde qui nous entoure, c’est-à-dire de la conscience.(…). Cette composante de la conscience est liée à l’intentionnalité ».(…) « Imaginez que vous ne vous souvenez pas de ce qui s’est passé il y a une seconde. Êtes vous encore conscient ? » (…) « En considérant que la conscience requiert à la fois le contexte de la mémoire récente et la projection d’évènements dans le futur, nous suggérons que la mémoire du présent est une composante essentielle de la conscience ». (…) « La conscience du présent dans un contexte donné nécessite le fonctionnement de réseaux cortico-limbiques ».
Michel Desmurget et Angela Sirigu, du centre de neuroscience cognitive de Lyon ont publié dans la revue « Science » du 8 mai 2009, les résultats de leurs travaux de recherche sur la conscience du mouvement et sur la mise en évidence des structures cérébrales concernées.
En stimulant différentes zones du cortex pariétal du cerveau ou en agissant sur l’intensité de la stimulation, ils ont pu distinguer :
un état conscient associé à l’intention d’exercer un mouvement sans pour autant donner suite à cette intention ;
une illusion d’exercer effectivement ce mouvement si, dans l’état d’intention consciente, l’intensité de la stimulation de la zone du cerveau était plus élevée ;
un mouvement exercé inconsciemment en l’absence même d’intention lorsqu’une autre zone du cortex pariétal différente des cas précédents était stimulée.
Angéla Sirigu en conclut que, d’une part, la conscience du mouvement ne réside pas dans le fait de l’effectuer, mais dans l’intention préalable d’exercer ce mouvement, et que, d’autre part, l’état de conscience exige une mise en relation (réseaux de connexions entre les neurones) des différentes zones du cerveau qui ont été stimulées.
Giulo Toivoni (université du Wisconsin) et Cristophe Koh (institut de technologie de Californie) ont élaboré sur la base de leurs travaux une théorie expliquant que l’émergence de l’état conscient serait due à de tels réseaux.
Examen des états de conscience dans la pratique du yoga : quels liens peuvent s’établir entre l’intention d’exercer un mouvement et la conscience de ce mouvement ?
La prise en considération de tels liens est coutumière dans la pratique du yoga et est conforme à un certain nombre de principes présidant à son enseignement.
Trois situations sont à distinguer par rapport à différents états de conscience :
1-      Imaginer un mouvement avant de l’exécuter.
Cela consiste à  dérouler mentalement le film des enchaînements. La connexion entre l’intention et la mémoire du présent est alors favorisée au sein du réseau cortico-limbique, cela permettant (selon Don Tucker et Marc Holmes) d’établir par une orientation de l’attention une continuité de la perception de soi.
Cette démarche est effectivement courante dans certaines pratiques sportives, en particulier en préalable de figures acrobatiques. Elle consiste à installer le mouvement – qui doit être exécuté ultérieurement – dans la mémoire du présent  (selon la procédure définie par Tucker et Holmès). L’illusion d’exercer effectivement le mouvement est créée par le pratiquant.
Remarque : L’illusion peut aussi être le résultat d’une incitation émanant du professeur. Néanmoins, pour certaines personnes, cette incitation ne produira qu’un certain état de conscience se limitant à une intention d’exercer le mouvement sans nécessairement y donner suite. Mais l’intention ne suffit pas pour créer l’illusion d’exécuter le mouvement comme l’explique Angéla Sirigu : à l’état de conscience associé à l’intention, correspond une simulation d’une zone du cortex pariétal du cerveau moindre que pour l’état de conscience associé à l’illusion.
En fait, ces personnes n’établissent pas de liens entre l’exercice d’imagination proposé par le professeur et celui d’exécuter effectivement le mouvement. Si par expérience elles s’attendent à ce que l’exécution succède à la séquence imaginaire, ces personnes seront tentées de mémoriser mentalement les enchaînements des mouvements. En conséquence, la démarche proposée par le professeur serait détournée de sa fin. Des exercices d’imagination dont le non suivi d’exécution serait annoncé permettrait de contourner la difficulté liée à l’effort de mémorisation.
2- Exercer inconsciemment un mouvement.
L’exécution d’un mouvement dans l’état d’inconscience constatée par exemple lors d’une crise d’épilepsie, n’est pas due à une intention en raison de la rupture de connexion dans le réseau de neurones. Mais il faut distinguer l’aspect inconscient de l’aspect involontaire.
En effet, dans d’autres circonstances, on peut prendre conscience d’un mouvement exécuté involontairement, c’est-à-dire sans être dû à une intention ; il s’agit : soit d’une action réflexe, soit d’un brusque relâchement musculaire, soit de l’apparition d’une crampe musculaire.
Cet état particulier ne constitue pas d’obstacle à l’exécution volontaire et consciente d’un mouvement.
3- Exercer consciemment un mouvement.
L’exercice conscient du mouvement est ici abordé sous un aspect pédagogique : l’exécution du mouvement par un pratiquant est examinée en fonction de la méthode d’enseignement adoptée par le professeur. À savoir :
A) la démonstration du mouvement par le professeur précède son exécution.
B) l’exécution par les pratiquants est simultanée à la démonstration par le professeur.
C) l’exécution par les pratiquants est pilotée par le professeur énonçant des directives précises et détaillées.
A)La démonstration du mouvement par le professeur précède son exécution par le pratiquant :
Pour exécuter ce mouvement, le pratiquant doit se référer au souvenir qui s’est inscrit par une perception visuelle lors de la démonstration par le professeur. À cette fin, l’intention d’exécution est connectée au réseau « mémoire du passé » en lieu et place d’une connexion à la « mémoire du présent » laquelle est en correspondance avec la perception de soi.
Faute de cette perception de soi, l’attention – c’est-à-dire le fait de concentrer ses ressources mentales sur un objet, un fait, un individu – ne peut se porter que sur le souvenir du mouvement exécuté par le professeur.
Remarque : des travaux de recherche en neurophysiologie ont mis en évidence que l’évocation d’un souvenir (par exemple d’un son, d’un geste démontré) nécessite  des connexions spécifiques dans le cerveau.
B) L’exécution par les élèves est simultanée à la démonstration par le professeur :
Dans leur tentative de reproduire le mouvement, les pratiquants adoptent selon leur mode personnel d’apprentissage l’une des démarches suivantes : le mimétisme, l’automatisme, le volontarisme, l’harmonisation en autonomie.
a) Démarche d’intégration du mouvement par mimétisme :
Elle consiste pour le pratiquant à observer le mouvement exécuté par le professeur tout en le reproduisant simultanément. S’il s’agit d’un mouvement que le pratiquant découvre au fur et à mesure de son déroulement, il ne lui est pas possible de procéder par anticipation. L’intention du pratiquant ne réside donc pas dans le but à atteindre faute de connaître ce but, mais il réside dans le but de copier le mouvement afin d’acquérir ultérieurement la capacité de le reproduire en autonomie. Cette préoccupation engendre nécessairement une exigence de mémorisation et en conséquence une projection mentale dans le futur. Cette attitude est un obstacle à ce qui peut être attendu d’une assimilation d’un mouvement en opérant par mimétisme.
Deux conditions sont à satisfaire pour contourner cet obstacle. Le pratiquant doit accepter :
1. d’assujettir le déroulement et la destination du mouvement non pas à sa propre intention mais à celle du professeur, en fait de faire confiance à une mémorisation spontanée par le corps en abandonnant tout souci de mémorisation mentale.
2. de porter son attention sur son propre « ressenti » corporel dans l’exécution du mouvement.
Remarque : La soumission à une intention étrangère à soi-même revient à une acceptation de l’effet « miroir ». Cet effet étudié en neurophysiologie consiste en une excitation des neurones moteur d’une personne lors de l’observation d’un mouvement exécuté par une autre personne, sans pour autant exercer elle-même le mouvement. Mais si la personne exécute effectivement le mouvement qu’elle observe, comment pourrait-on expliquer une activation musculaire réelle par l’effet «  miroir » ? Des éléments de réponse à cette question peuvent se dégager des travaux de recherche sur l’hypnose poursuivis par Y. Cojan (Université de Genève) : ( Jean-Jacques Perrier, revue Pour la Science N° 382 Août 2009 p.6  et
Y. Cojan et al, Neuron, vol 62,p.862, 2009).
Cette déconnexion constatée par Y. Cojan correspond effectivement à la situation de l’apprentissage par mimétisme où le pratiquant ignore la planification du mouvement et se soumet à l’intention du professeur. Par contre, en ce qui concerne l’attention, la référence à l’hypnose se justifie difficilement. En pratiquant le mouvement par mimétisme, pourrait-on  porter son attention sur le « ressenti » corporel ? Est-ce que le fait de porter attention sur le « ressenti » perturbe la capacité d’imiter avec rigueur et à tout instant ?
Or, faute de cette attention sur le « ressenti », la capacité de reproduire ultérieurement le mouvement en autonome sera difficile sinon impossible.
Comment contourner cette difficulté ?
Par exemple, en adoptant une démarche facilitant l’acquisition d’automatismes corporels.
C’est par la répétition que s’établit progressivement – sans en avoir conscience - une mémoire du corps, sous réserve de limiter l’alternance essai  / erreur / rectification. Cette mémoire du corps peut s’établir grâce  à l’émission par les muscles de signaux à destination du cerveau pour l’informer de leur propre état (état au repos ou état activé). Le cerveau, par ses connexions en réseau, établit une synthèse des informations issues des circuits de la vision, des neurones moteurs et des capteurs musculaires.
À ce propos, Jean Pierre Roll, directeur du laboratoire de neurobiologie humaine
d’Aix – Marseille, précise dans un article sur le thème « Les muscles, organes de la perception » revue Pour la Science N° 218 juin 1998 p.92-99) :
.
Dès que la mémorisation du mouvement par le corps commence à s’établir, le pratiquant peut se libérer de son observation du professeur et des effets du mimétisme pour porter son attention sur le « ressenti » corporel et sur le positionnement de son corps dans l’espace.
À ce propos, Yves Trotter, de l’Université de Toulouse note que (revue Pour la Science N° 248 p.97)
.
b) Démarche d’intégration du mouvement par automatisme :
Dans le cas où le pratiquant néglige de porter son attention sur le « ressenti » corporel, il pourra néanmoins mémoriser corporellement le mouvement à force de répétition de l’exercice. En fait, il reproduira le mouvement selon le mode automatique, sans « ressenti », sans présence de soi dans l’espace, sans commande volontaire en restant étranger à son mouvement. Son intention a pour unique objet la décision de faire le mouvement.
Ce mode d’exécution automatique du mouvement sans présence à soi-même peut aussi se révéler accidentellement chez un pratiquant confirmé ayant acquis l’expérience du « ressenti »
Il s’agit là d’un défaut d’attention.
c) Démarche d’intégration du mouvement par une démarche volontariste :
Le volontarisme consiste en une attitude de privilégier l’intention par rapport à l’attention quel que soit le mode de démonstration du mouvement par le professeur (démonstration préalable avant l’exécution ou exécution simultanée à sa présentation). Fréquemment, le pratiquant volontariste observera la démonstration en portant son attention sur le positionnement final du mouvement plutôt que sur le processus ou sa trajectoire. La pratique volontariste échappe ainsi à l’effet « miroir ». Pour atteindre l’objectif final du mouvement qu’il aura repéré, le pratiquant volontariste décidera par lui-même des actions motrices dont il a l’expérience pour composer la trajectoire. Son mouvement est régi exclusivement selon la définition stricte de l’intention : en choisissant comme but le positionnement final du mouvement.
d) Démarche d’intégration du mouvement selon le mode «  autonome et en harmonie » :
Cette démarche concerne les pratiquants ayant intégré la conscience de soi lors de l’exécution d’un mouvement. Lorsqu’ils exercent le mouvement simultanément avec le professeur, ils peuvent se dispenser du mimétisme pour reproduire le mouvement observé. Tout en étant exécuté de façon autonome, l’attention du pratiquant se porte sur sa propre expression corporelle en l’harmonisant avec celle du professeur.
Cette harmonie se manifeste lorsque le pratiquant associe l’exécution autonome de son mouvement  à une perception du propre « ressenti » du professeur centré sur l’exécution du même mouvement.
Remarque : Lors d’une pratique libre, en l’absence d’un professeur et de ses directives, l’intention précède nécessairement l’exécution d’un mouvement. Selon le niveau de connaissance du détail dans les enchaînements d’un mouvement, le pratiquant fera appel soit à sa mémoire / souvenir, soit à la mémoire du corps. Dans ce cas, au seul énoncé intentionnel d’un enchaînement ou d’une posture, l’attention se traduit par un accueil du « ressenti » tel qu’il s’exprime.
Dans le cas où le pilotage du mouvement exige l’appel à la mémoire / souvenir, l’attention (conscience de soi et du mouvement) risque de dériver en raison d’une anticipation par la pensée sur les détails d’un enchaînement.
Un autre risque de dérive peut se présenter lorsque l’exploration de la mémoire / souvenir ne présente aucune difficulté : le mouvement mémorisé par le corps peut s’exécuter automatiquement  sans y porter attention. (L’exécution automatique d’un mouvement
- par exemple : la marche, la préhension d’un objet -  est heureusement acquise dans la vie courante, et cela permet de porter ailleurs son attention , alors que dans les situations examinées ici, il s’agit de mettre en évidence les processus qui favorisent ou inhibent le « ressenti » et la conscience de soi).
La connaissance de ces processus permet aux professeurs d’orienter ses méthodes d’enseignement en fonction du profil des pratiquants.
Parmi ces méthodes, l’une d’entre elles illustre la thématique de dissociation de l’attention par rapport à l’intention :
C)- Pilotage des mouvements par le professeur en énonçant des directives précises et détaillées.
Selon le dictionnaire Larousse, piloter c’est guider, diriger, commander.
La fonction de guider :
En énonçant des directives précises qui accompagnent tout au long de son processus le mouvement que doit exécuter le pratiquant, le professeur  lui permet de porter son attention sur le ressenti dans l’exécution.
Guider, c’est aussi inciter le pratiquant à connaître ses limites, à identifier et localiser ses éventuelles tensions et relâchements musculaires.
La fonction de diriger :
En choisissant les exercices et l’ordre dans lequel ils devront se dérouler, le professeur permet au pratiquant  de s’immerger progressivement dans un enchaînement de mouvements.
La fonction de commander :
En prescrivant le rythme des différentes séquences d’exercices en alternance avec les pauses, le professeur permet au pratiquant de se libérer de toute intention.
En résumé, le professeur ayant l’exclusivité de toutes les intentions, accompagne le pratiquant dans une démarche d’écoute de son corps pour le diriger vers le ressenti.
Remarque : Le « ressenti » musculaire se manifeste par des signaux émis par les fibres intrafusales des muscles à destination du cerveau. La fréquence de ces signaux est caractéristique de l’état du muscle (actif ou au repos). (J.P. Roll revue Pour la Science
N° 248 Juin 1998 P. 94).
Lorsqu’il s’agit d’une séance de yoga, la séquence de yoga nidra n’a pas seulement un effet de relaxation ; elle peut aussi conforter un entraînement à porter attention sur son propre état corporel et sur le « ressenti » de l’état musculaire.
Contribution du yoga nidra au développement de la perception de soi.
Les différentes étapes de son évolution. État d’absence.
La démarche empruntée pour conduire une séquence de yoga nidra lui est spécifique et ne peut prétendre servir de modèle à d’autres situations pédagogiques. Elle est toutefois exemplaire pour illustrer le processus de dissociation de l’intention par rapport à l’attention. On pourra néanmoins faire aisément faire des analogies avec le qi gong qui est une discipline cousine, méditation en mouvements fluides et lents réalisés en conscience, porté aussi par des valeurs et des références comportementales bouddhistes.
La perception de soi exige une qualité d’écoute de « ce qui est » et non pas de ce qu’on s’attend à entendre. À cette fin, il s’agit de se libérer de toute intention ou de but, pour ne laisser de place qu’à l’attention.
De quelle intention doit-on se libérer ? Il s’agit paradoxalement de se libérer de l’intention de maîtriser les tensions, car cette volonté de maîtriser s’assimile à une commande motrice.
Or c’est l’absence de commande motrice qui permet au corps, aux muscles et aux articulations de se relâcher. Cette absence de commande correspond à une déconnexion des circuits fronto-thalamiques du cerveau.
Comment créer les conditions pour réaliser cette déconnexion ? Cette mission revient au professeur de yoga qui par des injonctions va diriger l’attention des pratiquants successivement sur telle ou telle partie du corps. Il s’agit d’injonctions claires et précises, exprimées paisiblement, en évitant tout commentaire ou explication qui serait non seulement superflue, mais contrarierait le processus de déconnexion des circuits neurologiques.
La volonté et la fonction de décision du professeur se substituent à celle des pratiquants en choisissant les injonctions, le rythme de leur énoncé et les parties du corps soumises à examen.
Pour un pratiquant s’initiant à cette démarche, les injonctions auront pour effet de fixer son attention sur la partie du corps désignée ( doigt, poignet, avant-bras, coude etc.). Le choix de cette partie du corps ne relève pas de sa volonté, de sa décision. Il va ainsi inventorier des composantes de son propre corps selon un déroulement qui lui sera dicté. Bien entendu, cela suppose qu’il joue le jeu, qu’il accepte le principe de l’exercice. La série d’injonctions ne laisse pas de place à la pensée qui viendrait perturber l’attention ; cette neutralisation d’éventuelles perturbations est associée à une déconnexion entre la zone du cerveau correspondant à l’attention avec la zone du cerveau correspondant à l’intention, sans pour autant attribuer la capacité de fixer l’attention à la déconnexion des circuits neurologiques fronto-thalamiques.
Remarque : Les perturbations dues à la pensée  dans la pratique de la méditation sont  neutralisées par une prise de conscience de cette dérive de l’attention, ce qui exige une injonction personnelle, même s’il s’agit d’une séance de méditation guidée.
Il est bien évident que d’une séance à l’autre, le professeur de yoga devra varier le mode de présentation de ses injonctions afin d’éviter une anticipation des injonctions par le pratiquant qui les aurait mémorisées et qui réactiverait ainsi la démarche volontariste par une restauration de l’intention.
Ce risque de dérive de l’attention se retrouve dans la pratique du training autogène de
J.H. Schultz où les injonctions qui doivent être mémorisées sont proférées mentalement par le sujet lui-même. En conséquence, l’exécution de l’injonction (qui consiste à porter son attention sur l’état d’une zone du corps) peut être contrariée par l’anticipation mentale de l’injonction suivante. La présence à soi est alors perturbée. Dans d’autres cas, une absence du « ressenti » sera due à une exécution automatique des injonctions qui ont été mémorisées.
Dans la pratique du yoga nidra, la soumission aux injonctions aura un effet anti-stress. Elle permettra dans une première étape d’échapper à la volonté et à toute intention.
Dans une seconde étape, l’absence répétée d’intention offre au corps la possibilité de s’exprimer par lui-même. Parfois, cela peut se manifester par des soubresauts, des perceptions de tensions musculaires ou par la révélation de zones douloureuses.
C’est en portant attention, dans une troisième étape, à cette expression du corps que progressivement s’établit une perception de telle ou telle zone du corps, tel qu’il est et non pas tel qu’on voudrait l’entendre. Cet entraînement à l’écoute a pour effet de développer la présence à soi, autrement dit la conscience de soi. Cela peut se manifester au cours de séances de yoga nidra par une perception d’un flux parcourant le corps.
.Exprimons sous une forme poétique ce processus en trois étapes :
Pour écouter son corps, il faut d’abord qu’il parle.
Et pour qu’il se mette à parler, il faut l’écouter,
L’écouter tel qu’il est, même s’il est dans l’incapacité de parler.
C’est parce qu’on lui a donné la capacité de parler
Que l’on peut entendre ce qu’il dit.
Remarque sur l’éventuelle équivalence entre l’état d’absence et l’état résultant d’une relaxation : L’absence est décrite par les neurophysiologistes comme un état (Don Tucker et Holmès revue Pour la Science N° 405 juillet 2011). Cet état correspond à celui qui est constaté lors de crises d’épilepsie bénignes de durée de l’ordre de 10 secondes sans engendrer d’effet sur la mémoire au terme de cet état.
À l’état d’absence correspondrait une déconnexion neurologique du lobe frontal du cerveau qui serait distincte de la déconnexion fronto-thalamique associée à la perte du contrôle volontaire des intentions lors d’une relaxation.
En conclusion de cet examen des effets de la pratique du yoga nidra, il ressort que la conscience de soi, la présence à soi repose sans s’y réduire à l’écoute de son propre corps tel qu’il est . C’est la raison pour laquelle le yoga nidra est complémentaire à la pratique du yoga postural, car en dissociant l’intention de l’attention il donne une capacité d’écoute du corps et de ses subtilités lors de la prise d’une posture. En outre, il offre au penchant volontariste un moyen de s’en libérer.
Un raisonnement simpliste en déduirait qu’il suffirait de pratiquer le yoga nidra pour pouvoir ensuite percevoir systématiquement la justesse dans la prise et le vécu d’une posture. Or, la facilitation de cette perception repose sur le mode d’enseignement du professeur et bien évidemment sur l’adhésion du pratiquant à expérimenter ce qui lui est suggéré. L’énoncé par le professeur de directives précises accompagnant l’installation du corps dans la posture peut aider le pratiquant à dissocier l’intention de l’attention. En suivant pas à pas ces directives, tout en les adaptant en fonction de ses propres limites, le pratiquant, libéré de tout effort mental de restitution d’un mouvement ou d’une posture observée préalablement à son exécution, reste disponible au « ressenti » des effets globaux de la posture.
Ce mode d’enseignement exige du professeur une grande rigueur dans la conception des directives et dans la manière de les présenter.
Les commentaires exprimés complémentairement à ces directives – par exemple, les bienfaits qu’on peut attendre d’une posture -  sont parfois utiles aux pratiquants qui sont à l’écoute de leur corps installé dans la posture. Ils peuvent aussi avoir un effet d’interpellation du pratiquant et d’incitation à solliciter un entretien avec le professeur à l’issue du cours.
En revanche, dans d’autres situations, cela peut présenter un obstacle à l’écoute du corps en raison d’une orientation du mental vers une intellectualisation de l’exercice.
Autres considérations d’ordre pédagogique :
Orientations de l’enseignement en fonction des motivations et des attentes.
L’enseignement du yoga et du qi gong ne saurait dissocier le savoir-faire du savoir-être. Or les attentes et motivations des candidats à ces formations peuvent avoir pour objet l’un ou l’autre de ses savoirs. Face à cette diversité, quelles orientations le professeur pourra-t-il donner à son enseignement ?
Dans cette perspective d’adaptation de son enseignement, le professeur aura à prendre en considération :
1- les intentions et attentes des pratiquants.
2- les attitudes initiales des pratiquants et l’évolution de leurs attitudes lorsqu’ils sont déconcertés, sinon déstabilisés, en  constatant un écart entre leurs attentes et motivations initiales et la réalité qu’ils découvrent.
3- la nécessité de faire face à ces situations.
.
1-      Intention et attentes associées à la décision de s’investir ou de se réinvestir dans une pratique d’arts martiaux ou de yoga
L’intention a été définie comme le fait d’agir volontairement vers un but précis.
Les personnes dont l’intention est d’entretenir ou d’améliorer leur pratique, ont leurs attentes fondées sur leur expérience. Sur cette base, soit ils souhaitent prolonger cette expérience dans les mêmes conditions d’enseignement, soit ils souhaitent changer ces conditions.
Les personnes qui n’ont jamais pratiqué ne peuvent pas se référer à leur propre expérience et en conséquence ils n’agissent pas selon un but précis lorsqu’ils choisissent de s’investir dans une pratique (soit de leur propre initiative, soit en se conformant à un conseil qui leur a été donné).
Pour ces personnes, leurs attentes sont ciblées sur d’éventuelles difficultés à résoudre (stress, santé, conflit, émotion, etc.) ou portent sur une curiosité à satisfaire ou sur une conviction due à des lectures ou à des démonstrations.
2- L’évolution des attitudes initiales de ces nouveaux pratiquants est déterminée par les écarts entre les effets qu’ils constatent et les effets non attendus :
Les personnes motivées principalement par leur curiosité aborderont l’inconnu en acceptant a priori l’écart entre ce qu’ils imaginaient et ce qu’ils découvrent.
Les personnes ayant fait leur choix conformément aux conseils qui leur avaient été dispensés, auront tendance, dans beaucoup de cas, à faire confiance dans les bénéfices à attendre.
Quant aux personnes qui attendent plus de la pratique qu’ils ont choisie une compensation par rapport à leurs soucis qu’à l’acquisition d’une capacité à les affronter, risquent de manifester de la réserve, du doute sinon de la déception.
Les écarts entre les attentes initiales et les effets plus ou moins bien discernés peuvent engendrer selon le cas une déception ou un renoncement à poursuivre cette pratique ou au contraire une intention de persévérer, en adoptant éventuellement une démarche volontariste afin d’obtenir les effets escomptés mais non encore perçus.
3- Le professeur aura à faire face à ces attitudes qui sont souvent dues à un état de fixation sur une intention excluant toute démarche d’expérimentation. À la pédagogie de l’attention libératrice de l’intention, le professeur sera souvent conduit à y substituer des entretiens personnalisés auprès des pratiquants éprouvant ces difficultés.
Selon le cas, ces entretiens peuvent avoir pour objet :
- d’identifier l’origine des déceptions éprouvées par un pratiquant parfois déstabilisé en raison de l’écart entre ce qu’il découvre et ce qu’il avait imaginé ;
- d’orienter sur d’autres voies les pratiquants qui estiment devoir renoncer ;
- d’aider le pratiquant qui éprouve des tensions douloureuses lors de l’exécution d’un exercice, à prendre conscience de ses propres limites.
Par ces entretiens, le professeur pourra estimer la distanciation du pratiquant par rapport à ses attentes et à ses intentions.
En portant ainsi attention sur le niveau de réceptivité de son enseignement, le professeur pourrait être conduit à réviser ses propres intentions initiales. Ce faisant, il adopte aussi une démarche de distanciation entre attention et intention. La différence avec celle qu’il préconise auprès des pratiquants réside dans le fait que son intention, même révisée, se maintient et en définitive se substitue à celle à laquelle le pratiquant devrait renoncer.
Conclusion.
La recommandation :« Sans attente et sans but » concerne donc les pratiquants, mais pas les professeurs.
C’est à partir de notre expérience de pratiquant et de praticien que nous pouvons justifier cette assertion. Par cet essai, nous avons voulu mettre en évidence le rôle de l’attention et de l’intention dans la conscience de soi et dans la présence à soi lors de l’exécution d’un mouvement ou de la prise d’une posture.
En se référant aux avancées de la recherche en neurophysiologie sur les différents états de conscience, nous avons tenté de décrire les processus d’association et de dissociation des liens qui peuvent s’établir entre l’intention et l’attention.
Le qi gong et le yoga exigent, pour une pratique accomplie, une présence à soi dans le mouvement. Cette exigence est souvent satisfaite par l’exercice assidu de ces disciplines.
Néanmoins, pour certains praticiens, l’échappée à toute intention n’est pas spontanée. Nous avons analysé comment le yoga nidra pouvait, en respectant un certain nombre de principes, faciliter l’accès à l’écoute de soi.
Pour cette étude, nous avons adopté les définitions de la conscience, de l’intention et de l’attention proposées par les neurophysiologistes.
Ces concepts étant ainsi bien délimités, nous avons pu examiner les différentes situations pédagogiques qui peuvent se présenter ; nous avons pu aussi identifier les situations les plus favorables à l’obtention de la présence à soi-même.
Par notre démarche, nous confirmons notre intention d’établir un pont entre les avancées de la recherche scientifique et  l’expérience millénaire du yoga et du qi gong.
Bibliographie.
- Les crises de la conscience. Don Tucker et Marc Holmes, revue Pour la Science
n° 405 juillet 2011 pp. 40-46.
- Le cerveau, maître des intentions. Hervé Morin, Journal Le Monde 9 mai 2009  p.14.
- Spécial cerveau. Des fenêtres sur la conscience, revue Pour la Science n° 302 décembre
2002.
- Les muscles organes de la perception. J.P. Roll, revue Pour la Science n° 248
juin 1998  pp. 92-99.
- Les clés du cerveau. Marc Jeannerod, revue Pour la Science n° 361 novembre 2007
pp.42-49 (À quoi sert la conscience p. 46).
- Un lieu du corps humain en France ? Les savoirs corporels comme son imaginaire restent                          méconnus. André Giordan, Didier Sicard, Eugène Michel. Journal Le Monde
14-15 mars 2010 p.18.
- Le cerveau observé sous hypnose. J. Jacques Perrier, revue Pour la Science n° 382 août  2009.
- Le cerveau et la pensée. La révolution des sciences cognitives. Perception. Mémoire. Intelligence. Représentation. Conscience. Ouvrage dirigé par Jean-François Dortier. Éditions Sciences Humaines.
- Le cerveau magnétique en image. Bernard Renault, revue Pour la Science n° 361 novembre 2007 p.46.
- Restez zen. Revue Research’eu  n°57 Juillet 2008 p.5.
- Le cerveau en trompe l’œil. Sébastien Escalon. Le Journal du CNRS n° 207 avril 2007 p 6-7
- Le cerveau sous toutes les coutures. Jean Philippe Braly. Le Journal du CNRS n° 244 mai 2010.
- Cerveau en réparation. Fred Gage, revue Pour la Science n° 317 Mars 2004 pp 77-81
- À quoi sert la substance blanche. Douglas Field, revue Pour la Science n° 378 août 2008.
- Cerveau. Les découvertes qui changent tout. Jean Phillipe Braly. Le Journal du CNRS
n° 230 mars 2009 pp 18-27.

AVERTISSEMENT
 
 

          Cet article a été écrit à l’intention des pratiquants et praticiens du yoga et du qi gong.Sur la base de son expérience de simple pratiquant, l’auteur fait part des diverses situations pédagogiques qu’il a eu à connaître, sans toutefois prétendre extrapoler de cette expérience un modèle de méthode d’enseignement.                                   Les itinéraires dans l’accès à la connaissance et à l’acquisition de savoir-faire sont trop divers pour autoriser une généralisation à partir d’une seule expérience. Conscient de cette limite, l’auteur ne poursuit que le but d’inciter à une réflexion sur les conduites pédagogiques, en s’inspirant par ailleurs des avancées de la recherche scientifique.                                                                                                                                                               À ce propos, il faut noter que si cet article concerne aussi les chercheurs en neurophysiologie, ce n’est évidemment pas pour s’insérer dans les débats et controverses propres à leur discipline. Ce serait plutôt pour leur faire part d’une intention de mieux comprendre les processus d’éveil de la conscience de soi par des tentatives - plus ou moins pertinentes - d’interpréter les résultats de leurs travaux de recherche.                            L'estimation de ce niveau de pertinence relève de la compétence des chercheurs et à cette fin, exige la mise en œuvre d’un dispositif expérimental, lequel est probablement plus facile à concevoir pour une investigation des cas d’épilepsie que pour un examen des pratiques de yoga ou d’arts martiaux.                

 

Conscience, cerveau.

La conscience de soi dans le mouvement.

 

       Par quel processus accède-t-on à la conscience de soi ?                                                                                                  Quelle démarche pédagogique en faciliterait l’accès ?                                                                                                       Quels sont les obstacles à surmonter ?                                                                                                                              En s’inspirant de notre expérience dans la pratique du yoga et plus modestement du Qi Gong, nous           tentons derépondre à ces questions par un examen des états de conscience spécifiques à ces pratiques et par une  une référence aux travaux de recherche en neurophysiologie.

.

 

AVANT-PROPOS
 

        Cet article doit être considéré comme un essai. L’auteur, Noël Barbichon, ancien ingénieur de recherche au CNRS, n’est ni chercheur en neurophysiologie, ni professeur de yoga ou de qi gong. Il pratique le yoga depuis 30 années, le qi gong depuis peu et par ailleurs  pratique et enseigne le shiatsu.

        Le but de cet article est d’inciter à une réflexion ayant pour objet le yoga, les techniques de relaxation et le qi gong. Quant aux spécialistes de la neurophysiologie, en particulier ceux qui sont cités en référence dans cet article, nos propos ne pourront retenir leur intérêt que par une perspective d’applications des avancées de leur recherche.

        C’est en fait aux professeurs de yoga et de qi gong que l’auteur soumet sa réflexion personnelle et, en tant que scientifique, pratiquant du yoga et du shiatsu, fait part de son expérience personnelle sur les processus d’accès à la connaissance de soi.
Il serait concevable de prolonger cette réflexion par un échange de points de vue en se basant sur l’état de la recherche en neurophysiologie et sur l’état des questions en suspens. C’est l’un des objectifs poursuivi par cet essai.

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L’Objectif Suprême de l’Aïkido
Dans le livre que son fils, Kisshomaru a publié en 1974, O’Sensei Morihei Ueshiba, le fondateur de l’Aïkido, mort en 1969, expose ce qui peut être véritablement considéré comme son testament. Maître Michel Soulenq, 7ème dan, fondateur de l’E.I.A.M.S., considère que l’Aïkido est un budo unique, différent de tous les autres par sa finalité. Voici son commentaire éclairé, pour achever de convaincre ceux qui ne l’étaient pas encore…
A propos de la notion d’harmonie, O’Sensei déclare que le mot qui était utilisé par les guerriers autrefois est fondamentalement différent du sien :
« L’aïki n’est pas une technique pour combattre ou vaincre l’ennemi. C’est le moyen de réconcilier le monde et de réunir les êtres humains dans une seule et même famille ».
Alors, effectivement, on aura du mal à comprendre son point de vue si l’on raisonne d’une façon dualiste comme l’on fait pour la plupart des arts martiaux, c’est à dire où l’on pose la réalité comme avec un adversaire à vaincre le mieux possible, le plus rapidement possible, le plus proprement possible mais c’est toujours une dualité : moi et lui ! Or, ce que dit Maître Ueshiba, c’est que le combat est terminé avant d’avoir commencé ! Il n’y a pas de combat. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de mesure de temps, rapide ou lente, entre une action. C’est contre l’esprit de l’adversaire, dès le début ; pas pour le détruire, bien au contraire. Pour le ramener à l’harmonie de l’univers !
Il dit aussi : « Ceux qui ne sont pas d’accord avec ceci ne peuvent être en harmonie avec l’univers. Leur budo est celui de la destruction ».
Donc, le budo d’aïki est un budo de construction et non pas de destruction.
« Se mesurer en technique, gagner ou perdre, ce n’est pas le vrai budo. Le vrai budo signifie ne jamais combattre. »
C’est à dire se situer au-delà de la conscience dualiste de « j’ai un adversaire ! »…  par gagner, il entend gagner sur l’esprit de désaccord avec soi-même, c’est à dire qu’il faut arriver à faire abstraction non seulement de soi mais de tout temps et de tout espace, en demeurant disponible dans l’instant, pour percevoir l’intention belliqueuse et pouvoir y répondre au mieux des intérêts des deux, c’est à dire de lui et de moi!
« Il n’y a pas d’ennemi dans l’aïkido pour Ueshiba. Vous avez tort si vous pensez que le budo signifie avoir des adversaires et des ennemis, d’être fort et de les abattre. Il n’y a ni adversaires ni ennemis pour le vrai budo. »
Cela signifie que le but, c’est de ramener la personne qui vous a attaqué, qui a commis une erreur au regard de la nature, dans l’ordre universel et de lui faire prendre conscience qu’elle avait tort et qu’au lieu de se comporter comme un adversaire, elle a tout à gagner en devenant votre amie…
O’Sensei dit que son « budo n’est pas une religion mais qu’il éclaire les religions et les mènent vers leur but, qu’il n’a aucun attachement et qu’il est calme quelles que soient les circonstances de l’attaque. »
C’est vrai que dès que vous êtes en situation de « faire aïki », il faut parvenir à s’oublier en tant qu’individu, pour pouvoir faire que votre corps surgisse dans l’instant, c’est à dire qu’il n’y ait pas de séparation entre l’intention d’attaquer de votre adversaire et que vous puissiez la comprendre « au présent », sans passer par le mental, qui raisonne, qui calcule et qui peut être porteur de peurs ou de tas de choses… Donc il faut carrément s’oublier en tant qu’individu pour pouvoir « faire vivre l’aïkido » !
O’Sensei dit aussi qu’il « faut transformer le monde à l’esprit démoniaque en un monde de l’esprit. C’est la mission de l’aïkido. »
Il y a bien d’autres choses qui son exprimées dans ses Mémoires comme :
« Le vrai budo, c’est le travail de l’amour. C’est un travail de don de la vie à toute chose, et non de s’entretuer et de se battre avec les autres. L’amour est la déesse gardienne de toute chose. Rien ne peut exister sans lui. L’aïkido est la réalisation de l’amour. »
Ou encore : « Je ne me fais pas d’amis parmi les hommes. Avec qui suis-je donc ami ? Dieu. » Cela veut dire qu’il se dispense de tout attachement. Le niveau de conscience qu’avait atteint le maître Ueshiba était non dualiste, donc il n’y avait pas les bons, avec lesquels je suis ami, et les méchants, que je considère comme mes ennemis… Les bons et les méchants font tous partie de la même famille des êtres humains. Il le dit quelque part :
« Nous avons besoin de comprendre l’aïkido d’abord comme un budo et ensuite comme la voie pour servir à construire la famille du monde. Le vrai budo est la protection amoureuse de tous les êtres avec un esprit de réconciliation. La réconciliation signifie permettre l’aboutissement de la mission de chacun. »
On peut commenter cet extrait ainsi : toutes les possibilités se manifestent sur terre, celles qu’on appellera bonnes comme celles qu’on appellera mauvaises ! Effectivement, c’est permettre à chacun de faire ce pourquoi il est utilisé, même si c’est quelque chose qui ne nous convient pas. Bien entendu, en faisant tout ce que l’on peut pour protéger son propre corps et le sien, celui de l’adversaire… C’est la mission de l’aïkido et ce n’est pas de contrarier, de s’opposer, de faire de la compétition avec l’autre. C’est de montrer l’inutilité de son action belliqueuse. Celui qui veut vous frapper, vous lui laissez l’espace où il croit que vous êtes ; seulement vous n’y êtes plus à ce moment là parce que vous avez anticipé cette action en la comprenant au présent. Et à force de lui faire trouver le vide, vous allez vers l’art de la dissuasion. Il ne se dit alors : « Cela ne sert plus à rien.  Pourquoi faire du mal à quelqu’un qui n’exprime aucune agressivité à mon égard ? » Ainsi, en « faisant aïki », vous avez permis  à cette personne d’expérimenter cette possibilité qu’elle portait en elle, c’est à dire de vous frapper. Elle a frappé, elle a trouvé le vide, elle s’est aperçue que cela ne menait à rien !
« Ceux qui cherchent à étudier l’aïkido devront ouvrir leur esprit, écouter la sincérité de Dieu à travers l’aïki et la pratiquer. Vous devez comprendre la grande purification de l’aïki, le pratiquer et l’améliorer sans heurt. Ce n’est pas pour corriger les autres, c’est pour corriger notre propre esprit. Ceci est l’aïkido. C’est la mission de l’aïkido et ça doit être la vôtre ».
Si l’on a conscience que tout ce qui se manifeste passe par le canal de la perception, on acceptera que ce qu’on nomme humainement « Le Mal », passe aussi par le même canal. Par conséquent, il faut le reconnaître comme tel. Il y a des gens qui sont porteurs de bonnes choses, d’autres actualisent des choses qu’on appellera mauvaises, peu importe ! Ces personnes en soi, ce sont des personnes. Donc, on doit les aimer parce qu’elles sont une partie de nous mêmes mais tout faire pour les éveiller, les amener à une conscience différente.
C’est précisément parce que l’aïkido est une voie d’amour qu’il est ouvert à tous. Chacun peut y trouver quelque chose et en faire son profit. Ce qui n’exclut pas dans le temps la possibilité de raffiner cet art, cette expression, et la comprendre à un niveau plus transcendant… C’est pour cela qu’il faut tout inscrire en hiérarchie et tout comprendre : il y a l’aspect le plus exotérique, le plus ouvert ; c’est quelqu’un qui découvre un jour, se trouve dans une salle de sport, prend une licence fédérale et commence à pratiquer l’aïkido. Il est content, il appellera cela un sport pendant un certain temps ! Et puis peut-être, s’il porte en lui une certaine qualité d’écoute, s’il est prêt ( quand le fruit est mûr il tombe dit-on ), il s’apercevra que ce mouvement qu’il pratique le recentre, le ramène à une unité, à quelque chose. A ce moment, il voudra aller plus loin. Et de fil en aiguille, sa pratique se modifiera, ses intentions changeront, son comportement aussi et d’un exotérisme ( c’est à dire d’une ouverture à tout le monde ) il ira inconsciemment, sans le savoir, là où il faut. On dit que quand l’élève est prêt, le maître arrive ! Et ainsi, il finira par trouver le maître qui lui faut à ce moment là car il aura « digéré » tout le reste qui était un travail purement physique et dualiste. Mais il ne faut pas l’imposer aux gens ; il faut laisser les gens venir d’eux-mêmes. C’est pour cela que l’aïkido en France est dispensé par le Ministère des Sports et les fédérations et c’est très bien ainsi. Cela permet au plus grand nombre de pratiquer mais il y a aussi des écoles qui travaillent à une conception plus ésotérique de l’art. Il faut comprendre que les deux aspects ne sont pas séparés, comme les deux faces d’une même médaille, l’écorce et le noyau d’un même arbre. On peut avoir une compréhension plus fine sans pour autant s’opposer à une compréhension plus extérieure, plus littérale. Il faut permettre à ces possibilités de s’exprimer. Et en France, ces possibilités existent : la possibilité d’une pratique que j’appellerai un petit peu exotérique et ouverte à tous et certaines écoles qui donnent un enseignement plus intérieur…
Propos recueillis par Serge Mairet
Renseignements : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Site internet : www.aikido-gcercce.org

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L’Objectif Suprême de l’Aïkido

Dans le livre que son fils, Kisshomaru a publié en 1974, O’Sensei Morihei Ueshiba, le fondateur de l’Aïkido, mort en 1969, expose ce qui peut être véritablement considéré comme son testament. Maître Michel Soulenq, 7ème dan, fondateur de l’E.I.A.M.S., considère que l’Aïkido est un budo unique, différent de tous les autres par sa finalité. Voici son commentaire éclairé, pour achever de convaincre ceux qui ne l’étaient pas encore…
A propos de la notion d’harmonie, O’Sensei déclare que le mot qui était utilisé par les guerriers autrefois est fondamentalement différent du sien : « L’aïki n’est pas une technique pour combattre ou vaincre l’ennemi. C’est le moyen de réconcilier le monde et de réunir les êtres humains dans une seule et même famille ».   Alors, effectivement, on aura du mal à comprendre son point de vue si l’on raisonne d’une façon dualiste comme l’on fait pour la plupart des arts martiaux, c’est à dire où l’on pose la réalité comme avec un adversaire à vaincre le mieux possible, le plus rapidement possible, le plus proprement possible mais c’est toujours une dualité : moi et lui ! Or, ce que dit Maître Ueshiba, c’est que le combat est terminé avant d’avoir commencé ! Il n’y a pas de combat.

Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de mesure de temps, rapide ou lente, entre une action. C’est contre l’esprit de l’adversaire, dès le début ; pas pour le détruire, bien au contraire. Pour le ramener à l’harmonie de l’univers ! Il dit aussi : « Ceux qui ne sont pas d’accord avec ceci ne peuvent être en harmonie avec l’univers. Leur budo est celui de la destruction ». Donc, le budo d’aïki est un budo de construction et non pas de destruction. « Se mesurer en technique, gagner ou perdre, ce n’est pas le vrai budo. Le vrai budo signifie ne jamais combattre. » C’est à dire se situer au-delà de la conscience dualiste de « j’ai un adversaire ! »…  par gagner, il entend gagner sur l’esprit de désaccord avec soi-même, c’est à dire qu’il faut arriver à faire abstraction non seulement de soi mais de tout temps et de tout espace, en demeurant disponible dans l’instant, pour percevoir l’intention belliqueuse et pouvoir y répondre au mieux des intérêts des deux, c’est à dire de lui et de moi!« Il n’y a pas d’ennemi dans l’aïkido pour Ueshiba. Vous avez tort si vous pensez que le budo signifie avoir des adversaires et des ennemis, d’être fort et de les abattre.

 

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Bienvenue au collège, c’est la rentrée !
Ce message vise à vous proposer des infos utiles sur des
évènements et des stages de pratiques mis en place à Paris
(pour le moment) par le  Collège de Recherche en
Anthropologie des Techniques du Corps, animé par Serge
Mairet, Jean-Marc Ortéga, Krzysztof Rogulski, Vincent Béja… Des
cinéastes, des experts de Qigong, des anthropologues, des psys,
des enseignants de Taïchi ou de Yoga… et des méditants bien
sûr. Une association qui s’est donné pour vocation d’explorer les
ressorts du bien-être, de la bonne santé et du bonheur en s’appuyant sur les sciences
contemplatives et les pratiques corporelles et énergétiques ancestrales des différentes cultures du
monde, passées, présentes et en devenir… un souhait : provoquer des rencontres, des échanges
partager et participer à faire évoluer les points de vue et les pratiques  visant la santé et le
bonheur.
Voici donc notre message.
Cher(e)s ami(e)s,
Nous voila repartis vers de nouvelles aventures, vers de nouvelles pratiques de santé et de loisirs
ou vers un approfondissement (chacun sa route) de notre art. Peut-être faites-vous un peu
comme moi : j’aime m’enrichir des rencontres, des recherches et des expériences des uns et des
autres…
A l’initiative de serge Mairet, et avec quelques ami(e)s chercheurs (enseignants de Taïchi, de
Chikong, de Yoga, d’Aïkido, de Judô, de Méditation Zen… scientifiques, cinéastes, psychologues,
anthropologues…) nous avons créé il y a quelques temps le Collège de Recherche en
Anthropologie des Techniques du Corps. Il fallait un nom au plus près de nos intentions de
chercheurs, nous avons pensé que celui-ci traduisait au mieux notre idée. Le Collège organise des
dimanches de pratique, des moments de rencontre et de partage. En voici le calendrier. Mais
rappelons tout d’abord, à ceux qui ne nous connaissent pas encore, qui nous sommes.
Le Collège a pour fonction de fédérer les recherches en anthropologie des techniques du corps,
cela signifie qu’au-delà des cultures, des pratiques, des races et des opinions, nous avons un
corps commun et ce corps, depuis la nuit des temps nous enseigne qui nous sommes, voire
comment vivre en harmonie : nous et nous tous ensemble. Il s’agit dans ces ateliers
principalement de partager et de communiquer sur les pratiques  associant techniques corporelles, énergétiques et travail sur la conscience, en particulier les disciplines orientales
basées sur l’unité affirmée du corps, de la conscience et de l’esprit. Par ces travaux le Collège
vise la transmission à tout public du résultat de ces échanges et recherches dans l’objectif
d’améliorer la santé et le bien-être général. Le principal axe de travail du Collège est le suivant :
« Promouvoir la vision d’une santé globale en soutenant et favorisant la perception et la
conscience du lien qui relie l’être humain à son environnement social et naturel et en
développant la recherche sur les pratiques unifiant le corps et l’esprit. » Voilà un extrait de nos
statuts d’association. Parmi les membres fondateur : Béatrice Reynier,  Krzysztof Rogulski, Vincent
Béja, Serge Mairet, Jean-Marc Ortéga…
La définition de l’activité de notre association est assez générale, mais nous savons tous, et dans
toutes les cultures :
- qu’une façon « particulière » de respirer  peut nous aider à faire face dans un moment
stressant,
- qu’un  regard positif et bienveillant sur le monde et nos contemporains concoure à notre
bonne santé et notre bonheur,
- qu’une bonne maîtrise de soi permet de ne pas céder « au pire », par exemple entrer dans
la violence – si anodine soit-elle…
- qu’un temps de  méditation en  pleine conscience nous montre comment nous sommes
reliés à nous-mêmes et aussi les uns aux autres,
- que la pratique simple de quelques visualisations mentales et énergétiques positives nous
revitalise et nous stimule,
- Qu’un corps en bonne santé, souple, résistant, tonique, vif, harmonieux détermine une
grande part de notre sentiment de bien-être,
- que connaître quelques exercices respiratoires, corporels, méditatifs ou contemplatifs…
peut nous aider véritablement dans la façon que nous avons d’entreprendre chaque
journée, le matin au réveil…
Voilà les sujets autour desquels nous tournons nos pratiques avec méthode et dans le but de
formaliser les résultats de ces travaux de recherche de la manière la plus simple afin de partager
le meilleur de nos savoirs, savoir-faire et savoir-être (entendez par « nous » : les animateurs des
ateliers et les participants, bien sûr) ; afin que ces sciences du corps et de l’esprit ne soient plus
réservées à des « spécialistes » mais que tous puisse en bénéficier… Nous sommes bien conscients
de l’effort pédagogique que cela nous demandera, effort qui permettra de « mettre à
disposition » l’essentiel sans le dénaturer. Nous sommes confiants car ce travail sera un travail collectif. C’est tellement plus facile d’être intelligent et de trouver les bonnes idées quand on est
plusieurs…
Ce sont ces sujets simples : s’asseoir 5 minutes en lâchant prise, bouger son corps
harmonieusement de manière sportive ou artistique, échanger, respirer, manger, dormir, rêver…
repenser ensemble ces fonctions essentielles de la vie, nous en sommes convaincus, peut
contribuer à favoriser les conditions de notre bonheur et de notre santé à tous. C’est ce que nous
souhaitons explorer et partager avec vous.
Nous savons que de nombreux pratiquants cherchent (et trouvent !), mais c’est souvent chacun
dans son coin.
Il m’est souvent arrivé dans mes voyages de rencontrer des personnes qui pratiquaient ceci ,
cela… en fait :  « leur truc ! », et ce n’est pas péjoratif ; c’est étonnant d’intelligence intuitive et de
plaisir à pratiquer… avec des bénéfices instantanés ! Faisons confiance à cette capacité créative
de chacun et sachons les écouter et nous écouter. Dans les campagnes, en France, et au-delà
bien-sûr, il se passe des choses… D’où l’idée de « fédérer » qui est l’un des objets du Collège de
Recherche. Trouver les talents cachés et isolés au fin fond de la Bretagne, ou de la Corse, par
exemple, et donner la possibilité que le plus grand nombre puisse en bénéficier.
Je prends cet exemple de la Corse – parce que c’est aussi le reflet de nos idées reçues : « c’est
spécial », « ce n’est pas comme ailleurs »…  Et, pour tout dire : j’ai de bons amis là-bas.  Il y a – en
Corse, à Porto Vecchio  – un humble pratiquant qui fait un travail de recherche très intéressant
(pardon pour ces pauvres mots) sur  l’expression spontanée du mouvement, sur « comment
l’émotion colle au corps » pendant la réalisation d’une chorégraphie, sur le soutien de la musique
et la place de la méditation contemplative pendant le mouvement… Cet enseignant a
développé un regard nouveau sur la façon de vivre son corps en mouvement, avec émotion,
avec liberté,… On peut se demander pourquoi ces expériences « isolées » ne sont pas plus
connues, pourquoi chacun d’entre nous ne pourrait pas bénéficier de ces ouvertures de la
conscience, du corps, du cœur, du mouvement… ? C’est une question.
Nous avons donc, humblement, imaginé de nous rencontrer une fois par mois  – le premier
dimanche de chaque mois, à Paris – pour un repère clair - afin de vous proposer des ateliers de
pratiques portant sur ces sujets de santé, de loisirs et de bien-être.
Chaque atelier (la journée d’un dimanche) sera co-animé par 2 « experts » du Collège, des
spécialistes de la Méditation,  du Qigong, du Taïchi, du Yoga….  et bien-sûr des experts invités
pouvant centrer leurs interventions sur d’autres pratiques : Aïkido, Méthode Feldenkrais, Judô
traditionnel, Yoga, Mouvement Régénérateur… dans le respect des valeurs et des objectifs définis
et aussi dans la mesure où seul le bien commun est visé.
Les dates retenues pour les ateliers 2011-2012 sont les suivantes :
- 2 octobre 2011- 6 novembre 2011
- 4 décembre 2011
- 8 janvier 2012
- 5 février 2012
- 4 mars 2012
- 1er avril 2012
- 6 mai 2012
- 3 juin 2012
- 1 juillet 2012
Par exemple, le premier atelier aura lieu le 2 octobre et aura pour thème : « Apprentissage de 9
séquences simples de  Gym tao Spirale » orientées vers la santé ( extrait de la Grande Forme
Joyeuse de Mouvement Spontané Régénérateur de Jean-Marc Ortéga) et « Pratique du Yuan Qi
Tao : Voie du Souffle Primordial », conduite du souffle taoïste et marche méditative bouddhiste
avec Serge Mairet.
Ces ateliers de rencontres et de partage d’expériences auront lieu : le dimanche de 9h30 à 17h00
à la SACAMP, 75 rue de l'Ourcq - 75 019 - PARIS. Le coût de la journée est de 40 €.
A partir du stage de novembre 2011, si vous souhaitez avoir des infos plus précises quelques temps
avant le dimanche des ateliers pour connaître un peu plus les thèmes, envoyez-nous vos
coordonnées et nous vous tiendrons au courant.
En souhaitant vous retrouver autour d’un moment de pratique.
Bien cordialement
Jean-Marc Ortéga - Président du Collège
Collège de Recherche en Anthropologie des Techniques du Corps
Siège Social : 71, rue Danton – 92300 Levallois-Perret - Contact : 06 18 97 26 15
Mail :   Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - www.coeur-esprit.com Quelques précision sur les activités du 2 octobre.
Les pratiques abordées pendant la journée du 2 octobre, animées par Jean-Marc Ortéga

Bienvenue au collège, c’est la rentrée !Ce message vise à vous proposer des infos utiles sur des évènements et des stages de pratiques mis en place à Paris (pour le moment) par le  Collège de Recherche en Anthropologie des Techniques du Corps, animé par Serge Mairet, Jean-Marc Ortéga, Krzysztof Rogulski, Vincent Béja… Des cinéastes, des experts de Qigong, des anthropologues, des psys, des enseignants de Taïchi ou de Yoga… et des méditants bien sûr. Une association qui s’est donné pour vocation d’explorer les ressorts du bien-être, de la bonne santé et du bonheur en s’appuyant sur les sciences contemplatives et les pratiques corporelles et énergétiques ancestrales des différentes cultures du monde, passées, présentes et en devenir… un souhait : provoquer des rencontres, des échanges partager et participer à faire évoluer les points de vue et les pratiques  visant la santé et le bonheur.

Voici donc notre message.Cher(e)s ami(e)s,Nous voila repartis vers de nouvelles aventures, vers de nouvelles pratiques de santé et de loisirs ou vers un approfondissement (chacun sa route) de notre art. Peut-être faites-vous un peu comme moi : j’aime m’enrichir des rencontres, des recherches et des expériences des uns et des autres…A l’initiative de serge Mairet, et avec quelques ami(e)s chercheurs (enseignants de Taïchi, de Chikong, de Yoga, d’Aïkido, de Judô, de Méditation Zen… scientifiques, cinéastes, psychologues, anthropologues…) nous avons créé il y a quelques temps le Collège de Recherche en Anthropologie des Techniques du Corps.

Il fallait un nom au plus près de nos intentions de chercheurs, nous avons pensé que celui-ci traduisait au mieux notre idée. Le Collège organise des dimanches de pratique, des moments de rencontre et de partage. En voici le calendrier. Mais rappelons tout d’abord, à ceux qui ne nous connaissent pas encore, qui nous sommes.

Le Collège a pour fonction de fédérer les recherches en anthropologie des techniques du corps, cela signifie qu’au-delà des cultures, des pratiques, des races et des opinions, nous avons un corps commun et ce corps, depuis la nuit des temps nous enseigne qui nous sommes, voire comment vivre en harmonie : nous et nous tous ensemble. Il s’agit dans ces ateliers principalement de partager et de communiquer sur les pratiques  associant techniques corporelles, énergétiques et travail sur la conscience, en particulier les disciplines orientales basées sur l’unité affirmée du corps, de la conscience et de l’esprit.

Par ces travaux le Collège vise la transmission à tout public du résultat de ces échanges et recherches dans l’objectif d’améliorer la santé et le bien-être général. Le principal axe de travail du Collège est le suivant : « Promouvoir la vision d’une santé globale en soutenant et favorisant la perception et la conscience du lien qui relie l’être humain à son environnement social et naturel et en développant la recherche sur les pratiques unifiant le corps et l’esprit. » Voilà un extrait de nos statuts d’association.

 

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